L’année 2004 représente une année charnière pour Mamelomaso. En effet, contrairement aux années précédentes, pour la première fois, le volet valorisation-communication a pris le pas sur le volet restauration. Mamelomaso reste fidèle aux objectifs définis préalablement : mise en place d’un projet intégré qui inclue aussi bien la phase recherche documentaire que la phase valorisation en passant bien évidemment par la restauration.
La valorisation du site est une étape essentielle pour différentes raisons : le rova d’Ambohimanga bien que classé patrimoine mondial reste encore méconnu et dispose de peu d’infrastructures d’accueil pour les visiteurs. Ces derniers repartent parfois déçus car ils ont du mal à appréhender toutes les richesses du site. Une visite qui se cantonnerait aux seuls palais et vavahady d’Ambatomitsangana ne montrerait qu’une petite partie de la colline et réduirait véritablement Ambohimanga à un " palais d’été " , terme utilisé sous la colonisation et repris par des brochures touristiques en mal d’exotisme. Ambohimanga est une colline fortifiée de 45 ha qui compte 16 portes monumentales (vavahady) des kilomètres de fossés de défense, un long chemin de ronde pavé sans compter tous les autres monuments tels fontaines, lieux de culte , nécropoles etc. Elle reflète totalement la vision du monde de ses habitants et reste un endroit sacré pour des centaines de milliers de personnes. Ancienne capitale de l’Imerina, elle en possède tous les attributs : division de l’espace, type d’habitat, place de chaque clan. Elle fait partie d’un ensemble culturel cohérent dont elle représente le centre symbolique et sacré. Ainsi, 2004 est aussi l’année d’ouverture sur les autres sites qui, pour une grande partie d’entre eux ont tissé des liens étroits avec Ambohimanga. Ce dernier qui ne peut être ainsi étudié qu’à travers un ensemble plus vaste.
Il convient donc de faire connaître Ambohimanga et de le doter de structures dignes de son passé et de son statut actuel de patrimoine mondial.
Mamelomaso a donc mis la priorité sur la communication : expositions, conférences de presse, grande manifestation comme celle qui s’est déroulée en novembre 2004. Le but était, autant de faire connaître le site que, celui de faire connaître l’association et ses actions. Il faut un temps pour tout et celui du " miasa mangina - travailler en silence " est révolu.
Toutefois la restauration d’Ambohimanga est loin d’être achevée et la saison de pluie qui se termine a mis à mal certains monuments comme le vavahady d’Ambatomitsangana qui présente des signes inquiétants de fissuration.
Cette porte, entrée principale du site est aussi la plus connue et la plus fréquentée. Elle a été maintes fois réhabilitée et sa restauration nécessitera un travail pluridisciplinaire important.
Tous les ans, nous consacrons une partie du " bilan " à exprimer notre gratitude et à citer tous ceux qui nous ont aidés et soutenus.
Je me suis vite découragée car la liste remplirait des pages et des pages. Aussi vais-je me contenter de dire à tous, du fond du cœur, Merci.
Et à vous, amis mamelomaso, 2004 nous a apporté son lot de joies, de défis et de déceptions mais elle laisse aussi, encore une fois, un sentiment fort du devoir accompli.
Ny adidy tsy an’olon-dratsy.
Antananarivo Mars 2005
Rabejaona Nosy