Mamelomaso a été crée à la Réunion par un groupe de ZANAK’AMPIELEZANA en novembre 1995 après l’incendie criminel du rova de Manjakamiadana.

Manjakamiadana avant l’ incedie
Elle est née d’un triple constat : d’abord cet immense chagrin ressenti par tous en apprenant la nouvelle ( savait-on seulement que l’on y tenait tant ?), puis ce sentiment de culpabilité qui bien malgré nous , ronge notre cœur ( Qu’avons-nous fait pour notre patrimoine ? Ne sommes nous pas autant responsables que " ces autres " envers lesquels nous rejetions indéfiniment la faute ? et si les " autres " c’étaient aussi nous ? )
Et enfin cette formidable envie de se rattraper, d’accomplir notre devoir. Devoir de mémoire envers nos ançêtres , devoir de transmission envers nos descendants...
Les Ntaolo ont-ils eu tort de dire « Ny adidy tsy an’olondratsy ary ny nenina tsy mba aloha hananatra fa aoriana handatsa » ?
Nous en avions fait notre avions notre devise , à laquelle nous avions
rajouté une phrase de Rakotovao*
" Raha mbola velona ny aina ka matanjaka ny tena , dia aleoko,
farafaharatsiny , manan-tsiny nohon’ny zavatra natao nefa tsy nety , toa izay
nanenina tsy mba nanao na inona na inona "
Très vite il a fallu élaborer une stratégie et un programme d’action. Comment en effet, de l’étranger, participer avec efficacité à la restauration du patrimoine de Madagascar ?
Comment trouver le financement nécessaire ?
Après une première mission à Madagascar en décembre 1995, nous avions décidé d’ouvrir une antenne sur Tana, dirigée par un historien qui travaillerait à plein temps pour l’association. C’est, aujourd’hui encore, le seul salarié de l’association.
Pour le financement, l’équipe a été mise à contribution. L’objectif était d’avoir en permanence en caisse, au moins, de quoi faire tourner le bureau sur Tana. C’est ainsi que tous les membres ont accepté de faire un virement automatique mensuel sur le compte de l’assocation.

Manjakamiadana après l’ incendie
Cela fait 8 ans maintenant que cela dure ... Qu’ils en soient tous remerciés.
Pour les actions de grande envergure, comme dans toutes les associations, nous organisions des manifestations, nous sollicitions des aides financières auprès de différents organismes.
Par ailleurs, nos sympathisants, issus d’horizons professionnels variés ( architectes, ingénieurs, historiens, archéologues, topographes ...) nous soutiennent en nous donnant un peu de leur temps et beaucoup de leur savoir.
Mamelomaso se trouve aujourd’hui face à de nouveaux défis, elle a acquis de la maturité et de l’expérience, mais il reste encore beaucoup à faire. En effet, il ne suffit pas de restaurer, il faut aussi valoriser et entretenir. Il faut communiquer et convaincre, inlassablement...entre ceux qui pensent que le patrimoine n’est pas une priorité et les autres qui en sont convaincus mais qui ne font rien et s’insurgent dès qu’un projet se profile.
Non, ce n’est pas simple .Mais, pour rester dans la sagesse ancestrale, "Tsy misy masiaka toy ny sakay fa rehefa teny ierana dia hohanina".
Un ami à qui nous nous sommes plaints de la charge de travail occasionnée par nos activités associatives nous a dit un jour : mais personne ne vous oblige à le faire !

Manjakamiadana vue du sud
C’est vrai, personne ne nous oblige à le faire. Une association est un grand espace de liberté ou chacun participe librement en fonction de son temps, de sa motivation et de ses compétences. Nous avons tous, quelque chose à donner.
Et de terminer par un dernier dicton « Aoka isika ho toy ny vaton’Ambohimanga ka ny milevina tsy lo ary ny mitanin’andro tsy ho raraka... »