En dehors d’Anatirova, dénommé couramment Manjakamiadana, qui a été complètement détruit par un incendie criminel le 6 novembre 1995, le principal rova (palais royal) de Madagascar encore préservé est celui d’Ambohimanga. Cette bourgade qui se trouve à une vingtaine de km au nord d’Antananarivo fait partie des douze collines sacrées de l’Imerina. Le site a été classé patrimoine de l’humanité par l’UNESCO en décembre 2001. Fondée au départ par le clan des Zanakandriamborona originaire de l’Imamo (partie occidentale de l’Imerina) Ambohimanga ou la "cité bleue/belle cité" entre véritablement dans l’histoire au milieu du XVIIème siècle sous le règne du roi Andriamasinavalona. Au moment en effet ou celui-ci divise malencontreusement son royaume entre ses 5 héritiers, la possession d’Ambohimanga échoit à son fils aîné Andriantsimitoviaminandriandrazaka. Mais c’est surtout l’avènement du grand Andrianampoinimerina vers 1787 qui consacre définitivement le prestige de la cité. En effet, ce roi (qui y a vécu jusqu’en 1794) est à l’origine de l’unification du royaume merina et du développement extraordinaire d’Antananarivo, consacré dans son rôle de capitale du pays. Il sera inhumé à Ambohimanga ainsi plus tard que Ranavalona I et II, ce qui confirme l’importance de la cité comme principal lieu saint du royaume. Mais en 1897, pour achever de démoraliser les insurgés contre l’invasion coloniale et briser par la terreur de la profanation toutes vélleités de résistance de la part de la population, le Général Galliéni, gouverneur de la colonie entreprend de violer les sépultures royales d’Ambohimanga en transférant les restes sacrés au rova d’Antananarivo. Malgré cela, du point de vue de la symbolique traditionnelle merina et de sa géographie sacrée, Ambohimanga continue à tenir une place à part, au-dessus de tout.
Cette ville sainte était par excellence la "cité interdite" de Madagascar puisque jusqu’en 1895, les européens ne pouvaient y avoir accès. Aujourd’hui encore des dizaines de milliers de pèlerins y viennent chaque année vénérer la mémoire d’Andrianampoinimerina et demander sa bénédiction.
Mais Ambohimanga n’est pas seulement un haut-lieu du culte traditionnel.
Colline fortifiée, la cité représente un exemple typique du village merina du 17-18 ème siècle avec ses 7 km de fossés de défenses et ses 16 vavahady . Quand aux bâtiments royaux proprement dit, des 3 enceintes qui existaient auparavant , il ne reste plus que celle de Mahandry qui est entourée d’une palissade et forme une citadelle au cœur de la vieille ville. Elle abrite la case d’Andrianampoinimerina dénommée Mahandrihono. C’est une réplique de celles détruites du rova de Manjakamiadana. Vient ensuite le palais dénommé Mahandry construit par la reine Ranavalona 1ère en 1847. A proximité se dressent 1 pavillon de verre, ainsi que le Tranomasina ou maison sainte. On y trouve aussi un parc à boeufs et 2 bassins. Deux portes monumentales dont l’une surmontée d’un poste de guet complètent l’ensemble.
A cela on rajoutera, le rocher d’Ambatomientendro qui domine une grande partie de l’Imerina et sur lequel on voit encore gravé dans la pierre un jeu de fanorona ainsi que le grande place du Fidasiana et celle plus petite d’Ambatorangotina