Bilan

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Préambule

Faire le bilan d’une année n’est pas chose facile, il y a d’abord la nécessité de faire un rapport officiel, technique : les monuments restaurés, la démarche, les problèmes rencontrés, les stages de formation, les actions de communication etc... On essaie d’être précis, clair, concis. C’est un exercice difficile car le bilan est un dossier unique communiqué à tous les partenaires ainsi qu’aux membres et sympathisants de Mamelomaso. Ces personnes issues de milieux très variés n’ont pas forcément les mêmes attentes ou priorités ni la même façon d’interpréter les faits. Tout cela, vous le verrez dans les pages qui vont suivre. Mais finalement, c’est encore la partie la plus simple. Car durant toute cette période, il s’est passé plein d’autres choses mais qui paraissent tellement anodins que l’on a du mal à les exprimer. En effet, comment faire partager ces journées passées à arpenter les sentiers d’Ambohimanga à la recherche des signes du passé, comment évoquer tous ces moments ou, après avoir grimpé sous un soleil de plomb durant des heures, l’on arrive enfin au sommet de la colline découvrant des vestiges magnifiques avec en prime, un paysage à vous couper le souffle ? Comment décrire l’excitation qui règne certains jours de chantier à Ambohimanga quand on exhume des vestiges inattendus ? Andranomatsatso comme Tsiombiomby ne nous ont pas déçus. Comment évoquer l’effervescence qui règne dans notre petit bureau pendant les préparations de conférence ou d’expositions, quand le café coule à flots et qu’au petit matin, tous éreintés, nous abordions la question fondamentale : Iza no aterina voalohany - Qui va -t-on ramener en premier ? Celui qui habite Itaosy ou celui qui habite Ilafy, Andoharanofotsy ou Ambohipotsy, C’est à dire dans 4 directions opposées et dans des endroits réputés peu sûrs. Et toutes ces anecdotes : la veillée au bord du lac, à la lueur d’une bougie à raconter des histoires de mpamosavy, biby olona, mpangala-jaza, matotoa, ou certains ont préféré se faire écrabouiller à la belote jusqu’au petit matin plutôt que de regagner leur case tout seul, à minuit (brrr... je ne vise personne.) ou la fois ou l’on a passé 2 journées entières à faire 18 km pour acheminer les 4 dalles de pierre d’Andranomatsatso (1 blessure au cou, 4 pannes mécaniques, 1 panne d’essence). En tout cas, le chauffeur du camion s’est juré de ne plus transporter de rangolahy jusqu’à la fin de ses jours. Allez savoir pourquoi... Ou tous ces moments passés à essayer de convaincre les officiels ou décideurs de tous bords d’où l’on ressort sereins, carrément révoltés ou franchement enthousiastes ... Ou encore ces moments de purs plaisirs ou nous nous se retrouvons entre nous à rire , à chanter et à danser... Comment faire passer tout cela dans un bilan ? Et pourtant, Dieu sait si c’est important...

Nosy Rabejaona

Mars 2004